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Le grand débat national : le compte-rendu

Le Grand débat national à Pékin : Compte-rendu

 

Le Grand débat national à Pékin a eu lieu le 21 février au sein des locaux de l'Ambassade de France qui avait ouvert son amphithéâtre et avait fourni toute la logistique nécessaire pour cet événement. Ce débat avait été organisé à l'initiative des conseillers consulaires locaux. Comme le prévoyait la charte, 2 garants, un rapporteur, un modérateur et un animateur ont permis le bon déroulement de ce débat pendant un peu plus de deux heures. Parmi les participants (une cinquantaine de personnes), des parents d'élèves, des étudiants, chefs d'entreprises et autres auto entrepreneurs et beaucoup d’autres. On comptait également quelques gilets jaunes qui ont rappelé leurs revendications tout le long des 4 thèmes développés. Les préoccupations locales à savoir l'éducation, l'urgence médicale et autres ont fait l'objet d'échanges nourris avec des propositions concrètes.  

 

Les Thèmes

 

1 – les services publics et l’organisation de l’Etat

Quelque chiffres  relevés dans la charte du Grand débat rappelaient le niveau des services publics en France, mais plus de 45% des Français considèrent ces services insuffisants.

Ce n’est pas tant le coût des services publics qui est en cause, c’est plus l’organisation de l’Etat qui provoque cet état d’esprit avec un aménagement du territoire incompris. Par ailleurs la multiplication de strates, provoque la disparition des services publics de proximité dans certains territoires isolés. Le millefeuille pose problème en France et crée des dysfonctionnements.

Certains proposent la suppression des départements, la création et l’amplification des regroupements de communes, d’autres prônent le maintien du découpage napoléonien, qui fait la spécificité française et nourrit son histoire singulière.

Certains pointent que ce n’est pas tant le gain de 20 millions d’euros qui proviendrait de la suppression d’une centaine de parlementaires ou du regroupement des communes dont la France a besoin, mais des milliards qui sont distribués lors des traités qui lient la France à l’UE et des aides nombreuses à destination de l’Afrique et autres pays tiers et dont on méconnaît totalement l’utilisation..  

Favoriser la proximité des services publics sur les territoires a la faveur de la majorité des participants, notamment par la mise en œuvre du numérique et la création de l’office publique rurale qui concentrerait les services de base de l’Etat.

Certains estiment que l’Education nationale française est un gouffre financier. Et qu’au regard de son budget, on peut douter de son efficacité quand on analyse les résultats. On peut faire mieux avec moins d’argent. Demandes multiples de la gratuité de l’école pour les enfants des français installés à l’étranger. L’Etat doit assumer ses responsabilités car l’Education pour les enfants de la République est un droit fondamental inscrit dans la Constitution.

 

2 – Citoyenneté et démocratie

La légitimité des élus  en cause : le parlement

La France connait depuis de nombreuses années une crise politique qui conduit à la désaffection des élus quels qu’ils soient. Les élus sauf les maires, n’ont plus de légitimité. Le mouvement des gilets jaunes qui existe depuis de nombreuses semaines traduit l’état d’esprit des Français qui ne croient plus en leurs représentants. Le régime de la Vè République avec l’instauration du quinquennat et l’élection des parlementaires juste après les présidentielles, fausse la donne en conduisant l’élection quasi automatique de la majorité des députés issus du parti du Président nouvellement élu. Le Parlement devient alors une chambre d’enregistrement sans aucun pouvoir. Un constat désastreux qui pousse à croire qu’il y aurait trop d’élus et qu’il faudrait en réduire le nombre. La proportionnelle serait une des solutions qui permettrait une meilleure représentation des sensibilités de la population.

Le RIC

Par ailleurs le RIC organisé au niveau national serait un meilleur outil qui pourrait s’appuyer sur une plateforme numérique nationale pour des consultations sur des grands sujets de société voire économique. De facto cet outil serait également une base d’évaluation des élus de la République sur des promesses tenues et non tenues.

Le vote obligatoire : la moitié de la salle y est favorable

Le vote blanc comptabilisé : la majorité des participants y est favorable

Le vote des français nomades (étudiants et autres contrats précaires) : difficulté de s’inscrire sur une liste électorale. Les règles restent rigides pour cette population qui souhaite malgré tout voter.

 

Le service civique obligatoire

Réinstallation du service civique obligatoire pour tous les jeunes (garçons et filles) dès la majorité. Pour les jeunes nés en France de parents étrangers, obligation du choix de sa nationalité à 18 ans.

La laïcité

Une spécificité française qu’il faut absolument garder et qui fait la fierté de la France avec la liberté du culte et de religion bien définie par  la loi de 1905 qui garantie la liberté de chacun au sein de la République. Une meilleure application de cette loi conduirait à mieux cerner les contours de l’Islam de France, éviter l’ingérence des puissances étrangères dans le financement des lieux de culte musulman.

La création d’une caisse d’allocation et de solidarité citoyenne (soutien du pouvoir d’achat des plus fragiles)

Association loi 1901 dotée d’une commission de 10 membres tirés au sort, renouvelable de moitié tous les ans. Cette caisse est destinée à compenser le pouvoir d’achat des populations des plus défavorisées : retraités à faibles revenus (moins de 1000 euros), les invalides. Cette caisse serait financée par un prélèvement citoyen obligatoire des actifs d’1 centime d’euro par achat facturé.

 

3 – la transition écologique

Si la transition écologique était érigée en priorité nationale, il faudrait alors changer de modèle économique.

Exemple de la Suède -

Sur les choix énergétiques françaisLa surtaxe sur le diesel de +3 milliard € a déclenché le mouvement des GJ au nom du climat et de la "fin du monde" (Hulot, Macron). Pourtant, selon une étude de l’ADEME (agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie), les véhicules électriques produisent 2 x plus de CO2/km et 2 x plus de particules PM2.5/km que les véhicules diesel.

Dans le même temps la CSPE (contribution prélevée sur facture EDF) ne cesse de croître (11 milliards€ en 2018) et devrait atteindre 30 milliards avant 2025, dont presque la moitié pour subventionner l'éolien et le solaire, énergies elles-mêmes consommatrices de minéraux rares e

nuisibles à l'environnement (l'éolien consomme 8 x plus de béton/kWh que le nucléaire). La Cour des Comptes a estimé à 100 milliards € les engagements irréversibles  de soutien aux renouvelables.

Dans le même temps, la taxe Carbone ne cesse d'augmenter (55€la tonne en 2018 et...100€ en 2024), pesant sur les ménages. Pourtant la France n'émet pas plus de CO2/€ de PIB que le Cambodge, soit la moitié de l'Allemagne. La France émet 1/30eme de la Chine qui va continuer à augmenter sa production de CO2 jusqu'en 2030 de plusieurs fois le montant français. Si nous voulons 'sauver le climat' c'est dans nos importations et productions en Chine ou en Inde qu'il faut agir. Quand bien même nous réduirons de moitié notre production de CO2 (ce qui n'est plus le cas depuis 3 ans à cause de la croissance éolien/solaire), l'impact sur le réchauffement en 2100 serait de 0.0018°C max, soit invisible.

Si la France veut sacrifier ses travailleurs pour servir de modèle économique et industriel au monde entier, il faudrait qu'elle montre quand et sur quoi cela a-t-il été fait? Le seul exemple énergétique que la France puisse montrer au monde, c'est le succès de sa production nucléaire. Il faut arrêter de la démanteler.

 

Responsabilité individuelle sur nos modes de consommationdévelopper des pistes cyclables – favoriser les circuits courts taxer les produits importés des pays lointains

Bâtir un Pacte de financement au niveau de l’Europe

La transition écologique est un sujet majeur pour l’ensemble des participants

 

4 – les préoccupations locales

Le permis de conduire : Faciliter la délivrance d’un permis de conduire international qui pour l’instant ne peut être demandé que dans les Préfectures. Il devrait être possible d’en faire la demande dans les Ambassades.

Rendre public la résolution des divorces des Français de l’Etranger par les magistrats de liaison des ambassades. Il est possible de se marier à l’étranger, il devrait être possible d’y divorcer.

Doter les Ambassades de vrais services publics afin de répondre aux besoins des usagers français installés à l‘étranger (fiscalité, juridique et autres demandes de documents administratifs (services publics de proximité jugés insuffisants au sein des ambassades).

Demande de la gratuité de l’école ou trouver des modes de compensation financière pour aider les familles. Le système des bourses est insuffisant pour répondre aux besoins des Français de l’étranger et le budget de l’AEFE est notoirement insuffisant pour offrir un enseignement de qualité.

La santé

La CFE est chère et inadaptée

Demande d’installation de médecins français conventionnés

Demande de la reconnaissance d’une carte vitale pour les Français de l’étranger au sein des cabinets médicaux installés dans les ambassades.

Demande d’ouverture des hôpitaux conventionnés pour les urgences médicales.

 

Beijing 27/02/2019

Françoise Onillon – Benjamin Devos – Albert Missé  Conseillers consulaires

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